Langue française

  • Effacer ; paradoxe d'un geste artistique

    Maurice Fréchuret

    • Les presses du reel
    • 6 Avril 2016

    Une typologie de l'effacement comme geste artistique au cours du XXe siècle.

    Effacer, dans le domaine artistique, est synonyme de correction ou de modification. Appelée communément « repentir », cette intervention exprime la maladresse voire la faute et qualifie l'oeuvre dans ce qu'elle a de faible et d'inadéquate. Dans le domaine de la politique ou de la publicité marchande, la pratique de l'effacement est indéniablement liée au mensonge et à la dissimulation. L'histoire, depuis des décennies, a présenté maints exemples de ces frauduleuses interventions qui ont pour but de corriger son cours. Transformer cette action, si fondamentalement négative, en une pratique susceptible de déboucher sur des ouvertures nouvelles, voilà ce à quoi, au cours du XXe siècle et aujourd'hui encore, les artistes ont abouti. En pratiquant l'effacement, c'est-à-dire en travaillant à rebours, ils ont su enrichir exemplairement la création artistique. Le geste historique de Robert Rauschenberg effaçant, en 1953, un dessin de Willem De Kooning, les propositions exemplaires de Marcel Broodthaers, Claudio Parmiggiani, Roman Opalka, Gerhard Richter croisent, celles plus récentes d'Hiroshi Sugimoto, d'Ann Hamilton, de Jochen Gerz, de Felix Gonzalez-Torres mais aussi celles des artistes de la génération actuelle comme Zhang Huan ou Estefanía Peñafiel Loaiza... Autant d'exemples qui invitent à reconsidérer ce geste paradoxal et à l'appréhender dorénavant comme une pratique véritablement artistique.

  • La tentation littéraire de l'art contemporain

    Pascal Mougin

    • Les presses du reel
    • 1 Juillet 2017

    Spécialistes de littérature contemporaine, historiens et critiques d'art croisent ici leurs regards sur les évolutions récentes des interférences entre art et littérature et montrent comment la tentation littéraire de l'art renouvelle aujourd'hui les formes et les enjeux du discours, du récit et de la fiction, aussi bien que le fait littéraire lui-même.

    Les interférences contemporaines de l'art et de la littérature s'observent dans ce que la critique récente appréhende sous les termes de littérature hors du livre, de littérature d'exposition ou encore de littérature plasticienne. La tradition séparatiste de la peinture et de la poésie, qui a culminé avec le purisme visuel du modernisme tardif, a fait place depuis les années 1960 - avec Fluxus et l'intermédia, le tournant linguistique puis narratif de l'art - à une situation nouvelle d'indistinction relative, où artistes écrivant/écrivains s'approprient le langage dans tous ses états.

    Publié suite au colloque international éponyme au Lieu Unique, Nantes, du 16 au 17 octobre 2014.

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