Art Press

  • Dernier d'une série de trois volumes d'entretiens retraçant l'histoire de la vidéo à travers artpress, L'art vidéo 3. Redéfinitions contemporaines réunit des interviews réalisées au cours des années 2010. Elles témoignent des transformations en cours.
    Même si la vidéo apparaît comme le meilleur outil pour jeter un regard critique sur le passé et le présent, les modes opératoires, les usages et les finalités sont multiples et rebattent les cartes des hiérarchies entre l'image et le son. À tel point que la vidéo, intégrée au media art ou «nouveaux médias», semble paradoxalement remettre en cause l'hégémonie du visuel.

    Entretiens avec Ed Atkins, David Claerbout, Camille Henrot, Bouchra Khalili, Ariane Loze, Mika Rottenberg, Anri Sala, Wael Shawky, Hito Steyerl.
    Par Safia Belmenouar, Florian Ebner, Étienne Hatt, Eleanor Heartney, Marcella Lista, Anaël Pigeat, Kathryn Rattee, Erik Verhagen.
    Préface d'Étienne Hatt.

  • Que furent les années 1980 à New York ? Elles sont les années de Jean-Michel Basquiat et de Keith Haring, elles ont vu émerger la culture du rap, désormais planétaire, les questions sociétales, avec l'épidémie de sida, et, surtout, en matière artistique, elles ont vu la peinture se renouveler entièrement, et pas seulement à New York, le développement de la performance et l'hybridation des disciplines artistiques. Ces entretiens, réalisés pour la plupart à la fin de cette riche décennie, lorsque ces artistes ont acquis leur pleine maturité, permettent de se rendre compte de ce qu'elles furent. Tous - Julian Schnabel, David Salle, Neil Jenney, Robert Longo, David Hammons, Eric Fischl, Felix Gonzalez-Torres, Matthew Barney et Richard Prince - sont des monstres sacrés dont les oeuvres occupent encore le devant de la scène, près de trente ans après l'enregistrement de ces entretiens. Les lire, c'est non seulement se replonger dans ces années d'intense création, mais c'est aussi comprendre en quoi ces artistes nous permettent de comprendre l'art actuel.

  • En 1969, dans le musée de la ville de Leverkusen, en Allemagne, eut lieu une exposition au titre sévère, Konzeption-Conception. Aux murs, des photographies prises sans préoccupation esthétique, des schémas, des diagrammes, des textes plus ou moins laconiques. Diverses nationalités étaient représentées et ce qui était une tendance souterraine, concernant dans certains cas des artistes déjà engagés dans des mouvements d'avant-garde comme l'art minimal, l'arte povera, le body art ou la performance, suscita une vaste prise de conscience à travers le monde de l'art occidental : on assistait à une dématérialisation de l'oeuvre d'art.

    Même si l'artiste minimaliste Sol LeWitt fut considéré comme le « parrain » de ce courant, l'art conceptuel s'inscrivit d'abord en réaction au formalisme de l'abstraction apparue plus tôt dans la décennie. S'appuyant autant sur la philosophie analytique américaine que sur Marcel Duchamp, les plus théoriciens parmi les artistes, le groupe anglais Art & Language, Victor Burgin, ou l'Américain Joseph Kosuth entreprenaient une remise en cause systématique de la définition de l'art, tandis que d'autres, tel Lawrence Weiner, suggéraient plutôt des situations poétiques que le public était invité à vivre. En dépit de ses manifestations parfois arides, l'art conceptuel rencontra un énorme succès au point que le terme, un peu comme le mot « surréaliste », finit par désigner tout et n'importe quoi. « C'est de l'art conceptuel ! », s'exclame-t-on devant un objet un peu énigmatique. Il est temps de revenir aux fondamentaux.

  • Premier d'une série de trois volumes d'entretiens retraçant l'histoire de l'art vidéo à travers artpress, L'art vidéo 1. Les débuts réunit des artistes des deux premières générations de vidéastes.
    Des pionniers Woif Vostell et Nam June Paik au succès, en 1995, de Bill Viola et Gary Hill à la Biennale de Venise, la vidéo s'affirme comme une pratique incontournable de l'art contemporain. Tandis que la vidéosurveillance inspire des travaux en circuit fermé, la télévision reste longtemps la référence, souvent en négatif, de l'art vidéo qui prend la forme de bandes diffusées dans des moniteurs. Mais les artistes commencent aussi à explorer les voies de la vidéosculpture et de l'installation. De cette histoire, artpress donne une vision interdisciplinaire qui l'ouvre à la vidéo-théâtre, à la vidéo-danse ou à la vidéo-performance.

    Entretiens avec Jean-Pierre Bertrand, Jean-Paul Fargier, Gary Hill, Michel Jaffrennou, Joan Jonas, Thierry Kuntzel, Hervé Nisic, Nam June Paik, Bill Viola, Wolf Vostell.
    Par Liliana Albertazzi, Dany Bloch, Louis-José Lestocart, Catherine Millet, Guy Scarpetta, Barry Schwabsky, Raphaël Sorin.
    Préface d'Étienne Hatt.

  • Deux grandes expositions, toutes deux à New York en 1966, fédérèrent les artistes qui allaient incarner cette tendance : Primary Structures au Jewish Museum, qui présentait les sculptures de Carl Andre, Donald Judd, Sol LeWitt, Robert Morris..., et Systemic Paintings au Guggenheim Museum, avec notamment des oeuvres de Robert Mangold et Frank Stella. Héritiers de l'abstraction américaine des années d'après-guerre dont ils radicalisèrent les propositions formelles, mais attentifs aussi à l'avant-garde russe du début du 20e siècle (Malevitch) qui était restée mal connue aux États-Unis, ces artistes, s'ils ne s'en tenaient pas à une stricte géométrie, proposaient néanmoins des formes simples, non expressives, impersonnelles. Leurs oeuvres de très grands formats envahissent l'espace, plaçant le visiteur de l'exposition dans l'obligation de les parcourir physiquement. Certains, tels Robert Morris et Richard Serra, s'attachèrent à mettre en évidence les qualités et les propriétés des matériaux qu'ils choisissaient, que ce soit le feutre ou l'acier. Donald Judd a proposé l'expression « objets spécifiques » pour désigner des oeuvres qui n'appartenaient ni à la catégorie de la sculpture ni à celle de la peinture et qui revendiquaient une complète autonomie.

  • Deuxième d'une série de trois volumes d'entretiens retraçant l'histoire de la vidéo à travers art press, L'art vidéo 2. Entre cinéma et installation revient sur les années 1990-2000. Elles furent marquées par le tournant cinématographique de la vidéo.
    On ne parle alors plus de vidéo mais d'un « autre cinéma » ou de « cinéma d'exposition ».
    Douglas Gordon et Pierre Huyghe commencent par déconstruire les films existants quand d'autres en reprennent librement les caractéristiques.
    La vidéo achève sa spatialisation sous la forme d'installations et Elja-Lilsa Ahtlla ou Doug Aitken tirent parti, à des fins narratives et temporelles, sensorielles et cognitives, de la multiplication des écrans et confèrent au spectateur le rôle de monteur.

    Entretiens avec Eija-Lilsa Ahtila, Doug Aitken, Tacita Dean, Stan Douglas, Douglas Gordon, Pierre Huyghe, Shirin Neshat, Sam Taylor-Wood.
    Par Régis Durand, Térésa Faucon, Greg Hilty, Richard Leydier, Anaël Pigeât, Damien Sausset, Robert Storr, Christine Van Assche, Marine Van Hoof.
    Préface d'Étienne Hatt.

  • Alors étudiant à l'école d'horticulture de Versailles au début des années 1970, Bertrand Lavier (né en 1949) habitait rue Bonaparte, à Paris, et passait tous les jours devant la galerie Daniel Templon, qui exposait l'avant-garde américaine, Andy Warhol, l'art conceptuel, en vogue à l'époque. De l'art des jardins à celui de la peinture, le pas est vite franchi. Son support n'est cependant pas la toile, mais des matériaux bruts, tels que l'aluminium - celui de réfrigérateurs, de panneaux routiers - ou le bois - celui d'un piano par exemple. Ces objets du quotidien forment, assemblés les uns aux autres, des sculptures, comme Panton/Zanussi, soit un siège juché sur un réfrigérateur. Ses thèmes sont également empruntés au cinéma, à la musique, l'histoire de l'art, le dessin animé, telle la série de peintures Walt Disney Productions, qui reprend les célèbres cartoons. Il parle de « chantiers ouverts » pour qualifier ces oeuvres qu'il reprend, modifie, au gré de ses trouvailles dans son environnement proche.
    Bertrand Lavier est un « électron libre» et n'appartient à aucun courant artistique de la seconde moitié du 20e siècle et du début du 21e, il se défie de la tradition comme des modes - celles du ready-made ou de l'installation. Jouant avec les catégories, les matériaux et les codes esthétiques, il crée des chocs visuels, des courts-circuits formels et toniques, il joue avec les mots, toujours en prise sur le réel, et invite le public, avec humour, parfois ironie, à se déprendre de ses certitudes.
    Le Centre Pompidou lui a consacré deux expositions : l'une en 1990, l'autre, une rétrospective plus importante, en 2013, intitulée : Bertrand Lavier depuis 1969. Elles sont à l'origine de deux des entretiens de ce volume dans lesquels il évoque, de manière précise, la genèse et la réalisation de certains de ses « chantiers », et la manière dont il se situe dans le contexte de l'art actuel.
    À travers Bertrand Lavier, c'est tout un pan de l'art contemporain qui s'éclaire.

    Par Jacques Henric, Catherine Millet, Anaël Pigeat.
    Préface de Catherine Millet.

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