Snoeck

  • Ficcionario

    Sebastián Díaz Morales

    • Snoeck
    • 6 Novembre 2014

    Sebastián Díaz Morales, né en 1975 dans la ville pétrolière de Comodoro Rivadavia, en Pata gonie, présente avec son livre -« Ficcionario », le titre fait fusionner les deux mots diccio nario et ficción - la somme pour ainsi dire autogène de son oeuvre en images, textes et rapports de participants.
    Depuis qu'il a terminé ses études à la Rijksakademie Van Beldende Kunsten d'Amsterdam en 2001, l'artiste ciné matographique argentin a été invité à exposer par de nombreuses institutions européennes et américaines de premier rang et a participé dans le monde entier à tous les grands festivals de cinéma ou vidéo, ainsi qu'à de nombreuses biennales.
    C'est volontairement qu'il a placé en devise à l'un des chapitres du livre le mot du poète national argentin Jorge Luis Borges : « L'esprit rêvait, le monde était son rêve. » Cette vision particulière de la réalité, mélange de modes de narration poétique et réaliste, incarne la littéra - ture latino-américaine du réalisme magique tout autant que le style documentaire fictionnel du cinéma d'Amérique du Sud. Ces influences se font jour chez Sebastían Díaz Morales lorsque, par exemple, il fait courir un homme de pièce en pièce dans son film « Pasajes » et réunit ce faisant les mondes les plus divers. Son instal - lation « Insight » va encore un pas décisif plus loin et soulève la question suivante : devant ou derrière la caméra, tout cela n'est-il vraiment qu'une illusion ?

  • C'est toujours aux générations suivantes qu'il incombe d'examiner la pertinence de l'oeuvre d'un artiste selon des critères artistiques historiques. Mais qu'en est-il si cette question est négociée dès le départ par l'artiste dans son oeuvre ? Martin Kippenberger (1953-1997) est considéré, sur le plan médiatique autant que stylistique, comme l'un des artistes allemands les plus complexes et les significatifs des vingt dernières années du 20ème siècle. Il a, avec ses amis et compagnons de route, marqué de manière significative l'image de l'art à l'époque postmoderne et beaucoup remis les choses à l'endroit en toute anarchie. Son esprit, son énergie créatrice incontrôlée et l'oeuvre qui en est le fruit lui ont déjà valu de son vivant d'occuper une position prédominante dans l'art contemporain, même si tous ne l'ont sans doute pas reconnu ou accepté. Aujourd'hui, ce jugement est unanimement partagé dans le monde entier et son oeuvre occupe une place importante dans la réflexion artistique historique. La connaissance profonde de l'histoire de l'art s'y oppose à un fond presque inépuisable d'histoires de l'art et d'anecdotes sur l'art, un don d'observation formé au quotidien et le lien direct entre l'expression artistique et sa vie, de sorte que l'attitude de Martin Kippenberger et sa vision de son rôle d'artiste sont devenus des modèles pour les générations à venir. Qu'il s'agisse de dessins, d'affiches, de collages, de multiples, de livres d'artiste, de photographies, de musique, de peinture, de sculpture ou d'installations d'envergure - son travail, en plus d'englober tous les médias artistiques du 20ème siècle, les suit jusque dans les dimensions les plus ramifiées de ses possibilités. Ou alors le slogan qu'il a proclamé face à la caméra de Günther Förg « I love no waiting » nous a déjà tout révélé sur l'artiste, l'époque d'il y a 30 ans et notre propre jeunesse écoulée ? Et nous a-t-il déjà fait savoir, alors, que nous poursuivrions pleins de nostalgie l'esprit du temps incarné de manière si singulière par son art ?

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