Sculpture / Arts plastiques

  • Né en 1947 à Garessio en Italie, Penone est associé au mouvement de l'arte povera. Son oeuvre développe depuis ses débuts une réflexion sur la relation entre nature et culture.
    L'exposition conçue par la BnF et le catalogue qui l'accompagne restituent la richesse de ses explorations conceptuelles - notamment autour de la mémoire, l'empreinte et le livre - comme la diversité des techniques utilisées : sculpture, installations, peinture, poésie...

    Sève et pensée.
    Oeuvre inédite et magistrale, Sève et pensée est une spectaculaire installation formée des deux segments du frottage, sur fine toile de lin, du tronc d'un acacia de trente mètres de long. Inscrit de part et d'autre du frottage se déploie un texte poétique, véritable « flux de conscience » de l'artiste, réflexions sur l'art, la nature, le temps, la mémoire, le cycle de la vie et de la mort.
    À partir de Sève et pensée se dévoile un réseau de filiations avec des oeuvres chronologiquement éloignées de Giuseppe Penone, des Alberi libro (Arbres-livre), poutres écorcées et creusées jusqu'à la révélation de l'arbre originel, à la série inédite Leaves of grass, grandes peintures qui seraient comme la « fossilisation » des premières empreintes laissées sur la couverture du livre par l'auteur et les lecteurs successifs.
    L'exposition présentera également au public la formidable donation de gravures faite par l'artiste à la BnF. Ces oeuvres récentes, réalisées pour certaines pendant le confinement du printemps 2020, se présentent comme des notes intimes qui accompagnent le travail de création.

    Empreinte et lecture tactile.
    L'historien de l'art Francesco Guzzetti explore dans son essai la notion d'identité dans l'oeuvre de Penone à travers le motif de l'empreinte, qu'elle soit humaine, végétale ou écrite.
    Le livre, en tant qu'objet est « empreinte » : ses pages portent celles des mains qui les ont écrites, celles des lecteurs qui les ont touchées, parcourues.

  • De Rome à Giverny

    Eva Jospin

    L'imaginaire de la forêt, les mystères du monde végétal, le monde obscur et secret des grottes imprègnent toute l'oeuvre plasticienne d'Eva Jospin. Ses paysages fictifs composés d'arbres, de détails de branches et de lianes, de roches aux douces aspérités, composent des architectures fictives et immersives. Passant d'un médium à un autre, l'artiste esquisse une nature troglodytique aux formes minérales et végétales qui se déploie telle une chimère. Dessins, petites maquettes en plâtre ou en carton ondulé - l'un de ses matériaux de prédilection -, sculptures en bronze aux surfaces plus ou moins rugueuses évoquant le bois, mais aussi immenses installations en cartons brut donnent à voir un univers organique qui obéit à ses propres lois : un monde silencieux semble s'animer sous nos yeux émerveillés. Les thèmes de l'érosion et de la ruine sont des motifs récurrents de l'artiste et témoignent de sa conception d'une nature souveraine. L'univers sombre et enchanté des bois, des sources et des grottes, recréés dans une matérialité et une échelle irréelles, permet de réinventer le concept d'oeuvre d'art, celle-ci se fait métamorphose, migrant d'un support à un autre (papier, bois, métal, croquis ou fonte). Les sous-bois d'Eva Jospin nous invitent à un voyage immersif à travers les différents registres formels qu'elle expérimente, afin de favoriser un regard enchanté sur la nature. Les notions d'artifice, de monde illusoire mais aussi un certain regard ludique plongent le spectateur dans un univers fragile et merveilleux.

  • La Monnaie de Paris organise la première rétrospective parisienne de l'artiste allemand Thomas Schütte qui se déploiera dans les cours et dans les espaces intérieurs. Depuis les années 80, l'artiste apparait comme l'un des principaux réinven- teurs de la sculpture. Il est aujourd'hui un artiste majeur et inclassable. À la pluralité des mediums employés par Thomas Schütte (sculpture, installation, photographie, peinture, dessin) correspond un ensemble de genres, celui de du portrait, de la nature morte et du paysage.
    L'exposition en trois actes - femmes, hommes et architecture - témoigne de la troublante et grinçante analyse que fait Thomas Schütte de l'organisation de la société et de son impact sur les individus. « Mes oeuvres ont pour but d'introduire un point d'intérrogation tordu dans le monde ».

  • Artiste phare de la scène de l'art contemporain, Johan Creten développe depuis 1993 une oeuvre exclusivement céramique - matériau dont il a très tôt saisi le potentiel plastique -, mêlant imagerie populaire, sensualité et beauté.
    Ancien résident de la villa Médicis (1996) et de la Manufacture nationale de Sèvres (2004-2008), Johan Creten a rapidement connu une reconnaissance internationale qui l'amène aujourd'hui à être exposé dans le monde entier. Son travail, séduisant dès le premier regard, superpose avec habileté un traitement baroque à un esprit classique. Derrière les formes sinueuses comme les riches et attirantes dégoulinures émaillées se cache souvent une dénonciation assez virulente des différentes formes de violence faites à l'homme, homophobie, xénophobie, etc.
    À partir du 3 juin 2016, Johan Creten est invité à investir les vignes et le domaine du château Pommard (Côte-d'Or). Une trentaine d'oeuvres seront intégrées dans la nature et les bâtiments, offrant une confrontation forte entre cet artiste désormais mythique et ce domaine exceptionnel.

  • L'oeuvre de Janine Janet est liée au Tout-Paris des années 50 et 60.
    Elle réalise des sculptures d'un extraordinaire raffinement, notamment pour les maisons de couture. Dotée d'une sérieuse formation classique, elle possède une excellente maîtrise des techniques plastiques. Son enfance à l'île de La Réunion a développé un imaginaire baroque et fantasmagorique, un goût pour la nature et pour des matériaux comme la nacre, le madrépore, les coquillages, les végétaux, les écorces ou les pierres qu'elle soumet à d'étranges métamorphoses.
    Ses manipulations minutieuses relèvent de l'art du tabletier, du relieur ou du rocailleur ; elle transforme ces éléments en naïades, faunes, licornes et autres féeries faites pour traverser le temps, qui enchantent le public. Les couturiers Balenciaga, Hubert de Givenchy, Pierre Balmain, Nina Ricci, lui confient leurs vitrines et leurs salons, Jean Cocteau, frappé par une certaine parenté avec son propre imaginaire, lui commande la conception des costumes, masques et sculptures de son film Le Testament d'Orphée.
    Janine Janet est désormais recherchée par une clientèle célèbre, Francine Weisweiller, Paul-Louis Weiller, le prince Ali Khan, Ludmilla Tcherina, Jean Marais..., pour laquelle elle conçoit des décors de fêtes ou des décorations d'intérieurs. Elle s'intéresse aux différents domaines de l'art décoratif et crée des modèles pour la Manufacture nationale de Sèvres, Haviland, Arthus-Bertrand. En collaboration avec les décorateurs John Dévoluy ou Chapelain-Midy, elle applique au décor mural et au mobilier le procédé nouveau d'inclusion dans la résine.
    Dennis Lennon lui commande des statues puis une Vénus en bronze doré pour le paquebot Queen Elizabeth 2, L'ouvrage, qui présente les superbes photos de Brassaï et de Lucien Clergue complétées par les reportages de Roland Beaufre, ainsi que les oeuvres marquantes de Janine Janet et ses projets aquarelles, retrace la carrière prolifique d'une créatrice, à un moment privilégié de la culture française.

  • In his sculptural practice, American artist Charles Ray (born 1953) has long been fascinated by the concept of representation, the depiction of the human form and questions of scale. Known for his keen sense of--and respect for--the uncanny, Ray has carved a widely admired path that crisscrosses the arenas of minimalism and conceptual art, while continually pushing the boundaries of visual perception. This book marks the long-term exhibition of works at Glenstone Museum selected by the artist, including Baled Truck (2013), a sculpture made of solid machined stainless steel, emblematic of the artist's meticulous fabrication process. It also includes a conversation with--and text by--the artist and installation photography.

  • Charles Ray Nouv.

    Charles Ray

    Collectif

    Après une exposition inaugurale, intitulée sobrement « Ouverture », la Bourse de Commerce continue sa programmation en présentant les artistes phares de la collection Pinault. Ce nouveau rendez-vous sera consacré au sculpteur américain Charles Ray (né en 1953), qui présentera quelques-unes de ses oeuvres emblématiques et certaines spécialement conçues pour le lieu.
    Charles Ray commence sa carrière, dans les années 1980, avec l'art abstrait, puis introduit la figure humaine dans son travail, en mettant toujours au centre de sa recherche la question de l'espace. « La pratique artistique de Ray offre au spectateur une nouvelle expérience du rapport avec le réel et exprime l'intuition fondamentale que la réalité est bien différente de la manière dont nous la percevons, et bien plus complexe. » Beaux Arts Éditions consacrera la première partie de son édition à l'architecture du bâtiment ainsi qu'à sa restauration extraordinaire par Tadao Ando, et la seconde partie à l'artiste majeure qu'est Charles Ray en venant apporter un éclairage sur les oeuvres exposées à la faveur de ce nouvel accrochage à la Bourse de Commerce.

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