Littérature générale

  • Le parfum des fleurs la nuit

    Leïla Slimani

    • Stock
    • 20 Janvier 2021

    Comme un écrivain qui pense que « toute audace véritable vient de l'intérieur », Leïla Slimani n'aime pas sortir de chez elle, et préfère la solitude à la distraction. Pourquoi alors accepter cette proposition d'une nuit blanche à la pointe de la Douane, à Venise, dans les collections d'art de la Fondation Pinault, qui ne lui parlent guère ?

    Autour de cette « impossibilité » d'un livre, avec un art subtil de digresser dans la nuit vénitienne, Leila Slimani nous parle d'elle, de l'enfermement, du mouvement, du voyage, de l'intimité, de l'identité, de l'entre-deux, entre Orient et Occident, où elle navigue et chaloupe, comme Venise à la pointe de la Douane, comme la cité sur pilotis vouée à la destruction et à la beauté, s'enrichissant et empruntant, silencieuse et raconteuse à la fois.

    C'est une confession discrète, où l'auteure parle de son père jadis emprisonné, mais c'est une confession pudique, qui n'appuie jamais, légère, grave, toujours à sa juste place : « Écrire, c'est jouer avec le silence, c'est dire, de manière détournée, des secrets indicibles dans la vie réelle ».

    C'est aussi un livre, intense, éclairé de l'intérieur, sur la disparition du beau, et donc sur l'urgence d'en jouir, la splendeur de l'éphémère. Leila Slimani cite Duras : « Écrire, c'est ça aussi, sans doute, c'est effacer. Remplacer. » Au petit matin, l'auteure, réveillée et consciente, sort de l'édifice comme d'un rêve, et il ne reste plus rien de cette nuit que le parfum des fleurs. Et un livre.

  • 1000 ans de joies et de peines

    Wei Wei Ai

    • Buchet chastel
    • 3 Février 2022

    Pendant son incarcération en 2011, repensant au fossé d'incompréhension qui s'était creusé entre son père et lui, Ai Weiwei décide d'écrire ses mémoires pour que son enfant n'ait pas les mêmes regrets.
    Ai Weiwei est le fils du grand poète chinois Ai Qing, ami de Mao Tsé-Toung. Violemment critiqué lors de la Révolution culturelle, ce dernier est envoyé avec sa famille en camp de travail.
    Avec une absolue franchise et beaucoup d'esprit, dans ses mémoires intimes illustrés de cinquante dessins inédits, Ai Weiwei revient pour la première fois sur son enfance, sa jeunesse dans les camps pendant 17 ans, son éveil à l'art, sa formation à New York, son cheminement personnel, son amitié avec Allen Ginsberg ainsi que l'influence de Duchamp et de Warhol sur son travail. Il raconte sa prise de conscience de la puissance révolutionnaire de l'art, la façon dont la vie dans un régime totalitaire a façonné son oeuvre, ses provocations qui lui vaudront d'être incarcéré de nombreuses fois, son exil, et la permanence de son combat contre le système chinois.
    À travers une plongée passionnante dans la Chine de Mao Tsé-Toung à aujourd'hui, voici le récit d'un destin hors norme, de l'anonymat au statut d'artiste superstar et figure de l'engagement contre la répression.

  • Un étranger nommé Picasso

    Annie Cohen-Solal

    • Fayard
    • 21 Avril 2021

    Comment, face aux aléas politiques du xxe siècle, traversant deux guerres mondiales, une guerre civile et une guerre froide, au sein d'une Europe déchirée par les nationalismes et dans une France xénophobe qui l'accueille mal, Picasso impose-t-il au monde son oeuvre magistrale ?
    Pourquoi le 18 juin 1901 Picasso est-il « signalé comme anarchiste » à la Préfecture de police, quinze jours avant sa première exposition parisienne ? Pourquoi le 1er décembre 1914 près de sept cents peintures, dessins et autres oeuvres de sa période cubiste sont-ils séquestrés par le gouvernement français pour une période qui dure près de dix ans ? D'où vient l'absence presque totale de ses tableaux dans les collections publiques du pays jusqu'en 1947 ? Comment expliquer, enfin, que Picasso ne soit jamais devenu citoyen français ? Si l'oeuvre de l'artiste a suscité expositions, ouvrages et commentaires en progression exponentielle à la hauteur de son immense talent, la situation de Picasso « étranger » en France a paradoxalement été négligée. C'est cet angle inédit qui constitue l'objet de ce livre.

    Pour l'éclairer, il faut exhumer des strates de documents ensevelis, retrouver des fonds d'archives inexploités, en rouvrir, un à un, tous les cartons, déplier chacune des enveloppes, déchiffrer les différentes écritures manuscrites. Alors tout s'organise autrement et le statut de l'artiste se révèle beaucoup plus complexe qu'on ne l'imaginait.

    Un étranger nommé Picasso nous entraîne dans une enquête stupéfiante sur les pas de l'artiste surdoué, naviguant en grand stratège dans une France travaillée par ses propres tensions. On le voit imposer au monde son oeuvre magistrale, construire ses propres réseaux et devenir un puissant vecteur de modernisation du pays. Un modèle à contempler et peut-être à suivre.

  • On n'y voit rien ; descriptions

    Daniel Arasse

    • Folio
    • 23 Janvier 2003

    Que fait-on quand on regarde une peinture ? À quoi pense-t-on ? Qu'imagine-t-on ? Comment dire, comment se dire à soi-même ce que l'on voit ou devine ? Et comment l'historien d'art peut-il interpréter sérieusement ce qu'il voit un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout ?
    En six courtes fictions narratives qui se présentent comme autant d'enquêtes sur des évidences du visible, de Velázquez à Titien, de Bruegel à Tintoret, Daniel Arasse propose des aventures du regard. Un seul point commun entre les tableaux envisagés : la peinture y révèle sa puissance en nous éblouissant, en démontrant que nous ne voyons rien de ce qu'elle nous montre. On n'y voit rien ! Mais ce rien, ce n'est pas rien.
    Écrit par un des historiens d'art les plus brillants d'aujourd'hui, ce livre adopte un ton vif, libre et drôle pour aborder le savoir sans fin que la peinture nous délivre à travers les siècles.

  • Le spleen de Paris ; petits poèmes en prose

    Charles Baudelaire

    • Gallimard
    • 26 Janvier 2006

    « Autant que le permettent les lois de la création littéraire, les Petits Poèmes en prose marquent un commencement absolu. Ils soutiennent tout un système généalogique dont on dessine les branches maîtresses quand on cite le premier livre des Divagations, les Illuminations et les Moralités légendaires : le foisonnement ultérieur est infini. Il semble que Baudelaire ait eu lui-même conscience d'avoir ouvert par cette extrême expérience une route que l'on dût, après lui, nécessairement emprunter. Du moins, entendait-il qu'on lui rapportât le mérite de l'avoir frayée. Il mandait à Arsène Houssaye, dans un billet de 1861 : "Je me pique qu'il y a là quelque chose de nouveau, comme sensation ou comme expression" - et dans sa dédicace au même, il se défendait, tout en jouant le dépit, d'avoir simplement imité la technique d'Aloysius Bertrand. Enfin, dans sa Correspondance, il mettait l'accent sur le caractère de "singularité" radicale, pour ne pas dire : "répulsive", des "bagatelles laborieuses", dont il sentait qu'en matière de poésie elles constitueraient son dernier mot. »
    Georges Blin.

  • Lieu-dit l'éternité : poèmes choisis

    Emily Dickinson

    • Points
    • 18 Février 2022

    « Balayer le Coeur avec soin.
    Mettre l'Amour de côté.
    Nous ne nous en servirons plus.
    Avant l'Eternité ».

    Ce volume réunit plus de cent cinquante poèmes de l'une des plus grandes poétesses du XIXe siècle. Hantée par le néant, Emily Dickinson n'a eu de cesse de questionner la nature, la folie, la foi, l'amour et la mort. Sa poésie, habitée de fulgurances mystiques, joue autant de la gravité que de l'ironie, de l'émerveillement que de la dérision, mêlant sentiments intimes et thèmes universels avec une audace stylistique et rythmique d'une modernité saisissante.

  • Le mont analogue

    René Daumal

    • Allia
    • 2 Janvier 2020

    Le Mont analogue, l'oeuvre maîtresse de René Daumal, ne sera découverte qu'après sa mort.
    Dans ce récit, le poète du Grand Jeu embarque le lecteur dans un voyage initiatique vers le Mont Analogue, mystérieux et invisible sommet, objet de tous les fantasmes. Pierre Sogol, curieux monsieur, convainc le narrateur de l'accompagner dans une quête qui les conduira à traverser le Pacifique, avant d'accoster à l'énigmatique Port-des-Singes. Ils entreprendront de gravir le Mont, sans atteindre le sommet : Daumal mourra avant d'avoir terminé son récit.
    Mythique, inaccessible, le Mont Analogue demeurera un mystère pour l'auteur et ses lecteurs. Horizon lointain et pénétrant, le Mont, par sa puissance allégorique, fascinera plusieurs générations d'artistes et inspirera à Jodorowski sa Montagne sacrée.

  • Tentative d'épuisement d'un lieu parisien

    Georges Perec

    • Christian bourgois
    • 11 Juin 2020

    « Ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages. » La place Saint-Sulpice à Paris. La place Saint-Sulpice vue par les yeux de Georges Perec. Les 18, 19 et 20 octobre 1974, à différents moments de la journée. La place Saint-Sulpice vue successivement du Tabac Saint-Sulpice, du Café de la Mairie, du Café de la Fontaine Saint-Sulpice, ou « sur un banc en plein soleil, au milieu des pigeons, regardant dans la direction de la fontaine ». Des listes. Les petits faits insignifiants de la vie quotidienne. Rien, ou presque rien. Et pourtant si : un regard, une perception humaine, unique, vibrante, impressionniste, variable, comme celle de Monet devant la cathédrale de Rouen. Les mille petits détails inaperçus qui font la vie d'une grande cité - d'un petit coin dans une grande cité. Les mille variations imperceptibles du temps, de la lumière, du décor, du vivant. Autobus, chiens, passants, touristes.

  • Le ventre de Paris

    Zola/Guillemin

    • Folio
    • 22 Mai 2002

    Le Ventre de Paris, ce sont les Halles, avec leur « souffle colossal épais encore de l'indigestion de la veille », leurs montagnes de mangeailles, de viandes saignantes, « de choses fondantes, de choses grasses », de « gradins de légumes » d'où montent « le râle de tous les potagers de la banlieue ». « L'idée générale, écrit Zola, est le ventre, la bourgeoisie digérant, ruminant, la bête broyant le foin au râtelier, la bedaine pleine et heureuse se ballonnant au soleil. » Aux « Gras » s'opposent les « Maigres » : Florent, un proscrit du 2 Décembre revenu à Paris qui fomente un complot contre le régime et sera dénoncé par Lisa, sa belle-soeur, une charcutière « au grand calme repu ». Florent retourne en prison et c'est à son ami Claude Lantier, le futur héros de L'oeuvre, que revient le mot de la fin : « Quels gredins que les honnêtes gens ! »

  • L'invention de Morel

    Adolfo Bioy Casares

    • 10/18
    • 21 Septembre 2017

    Un homme en fuite trouve refuge sur une île déserte. Un lieu étrange, dominé par une villa immense et somptueuse dont les sous-sols recèlent une machinerie aux fonctions incompréhensibles. L'île, pourtant, n'est pas si déserte qu'elle l'a semblé de prime abord. Des estivants, réunis sur place par un certain Morel, s'engagent dans une fête languide dont le rituel paraît se reproduire à l'infini.

  • Patrimoine

    Philip Roth

    • Folio
    • 15 Novembre 1994

    Ce récit, écrit à la première personne, raconte la lente maladie du père de l'auteur âgé de quatre-vingt-six ans, sa lutte obstinée pour vaincre la tumeur au cerveau qui finira par l'emporter. Dans ce combat contre le drame de la vieillesse, le fils guide et assiste le père jusqu'à s'identifier à lui.Patrimoine est une histoire vraie (comme le précise le sous-titre) dont Herman, le père, plus encore que le fils, est le barde. Une histoire cruelle et émouvante, que l'intégrité d'Herman, son refus de l'héroïque et de l'édifiant préservent pourtant de la complaisance et du sentimentalisme. Un récit qui proclame l'infinie complexité et la permanence de la vie, la nécessité de se souvenir, de ne rien oublier, car 'être vivant, c'est être fait de mémoire. Si un homme n'est pas fait de mémoire, il n'est fait de rien'. Une élégie d'horreur et de compassion, mais aussi d'amour.

  • Aventures de Huckleberry Finn

    Mark Twain

    • Tristram
    • 21 Mars 2013

    Huck Finn, le camarade vagabond de Tom Sawyer, est retenu prisonnier par son père ivrogne dans une cabane au fond des bois. Il s'échappe, se réfugie sur l'île Jackson, où il retrouve Jim, l'esclave en fuite de miss Watson. Avides d'aventures et de liberté, tous deux commencent à descendre le Mississippi sur un radeau. Mais à chaque étape du voyage, toutes sortes d'événements surviennent qui obligeront Huck à prendre de graves décisions.
    Sa découverte, en Jim, d'un être humain semblable à lui marque une date dans l'éveil de la conscience antiraciste américaine.

  • Les aventures d'arthur gordon pym

    Poe-E.A

    • Librairie generale francaise
    • 27 Juin 2007

    Un jeune Américain de seize ans, Arthur Gordon Pym, se lie d'amitié avec Auguste Barnard, fils d'un capitaine de navire, et tous les deux prennent l'habitude de s'embarquer pour de folles équipées sur un canot à voile. Un soir, tandis qu'ils sont couchés, mais non dégrisés de l'alcool qu'ils ont bu, Auguste décide que l'on ne peut dormir quand soufße une si belle brise, et, cette nuit-là, le canot heurte un baleinier. Bien d'autres aventures suivront, plus lointaines et envoûtantes. Ce roman publié en 1838 est présenté par Pym lui-même comme sa propre histoire qu'Edgar Poe raconte en son nom, à la première personne et, très vite, autre marque d'authenticité, le récit fait place à une sorte de journal de bord. Mais ces effets de réel n'atténuent rien de l'étrangeté des événements et des lieux où se trouve entraîné le lecteur : tout au contraire, le fascinant pouvoir du livre tient à la profondeur de cet imaginaire donné pour réel, et Borges, non sans raison, considérait ces Aventures comme le chef-d'oeuvre de l'auteur. Traduction de Charles Baudelaire. Edition de Jean-Pierre Naugrette.

  • L'art en théorie et en action

    Nelson Goodman

    • Folio
    • 15 Janvier 2009

    Nelson Goodman est l'un des philosophes majeurs contemporains de l'esthétique. A partir du point de vue de la philosophie analytique, il place l'expérience esthétique non pas au-dessus ou à part des autres expériences mais au rang des expériences communes. Dans ce livre, à contre-courant des tendances dominantes de l'esthétique traditionnelle, Goodman réaffirme la part de l'intelligence dans l'expérience esthétique, qu'il ouvre à l'une de ses dimensions essentielles celle de l'action, de la pratique, de la pédagogie.

  • Quasi objets

    José Saramago

    • Points
    • 17 Novembre 2000

    Quasi objets réunit des textes à la prose sèche et sobre, mais à la charge poétique intense, oú nous retrouvons les paysages, les attitudes, les gestes, les mots empruntés à notre univers mais que josé saramago détourne sous la forme de fantaisies qui sont le prolongement de notre réel.

    Ces récits allégoriques illustrent les grands thèmes de l'oeuvre de josé saramago, qui lui ont valu d'être reconnu et traduit dans le monde entier : l'obsession de la fuite du temps, la question de l'identité, le voyage comme parcours, expérience et apprentissage, et enfin la complexité des rapports entre la vérité et la fiction, entre l'être et son désir, entre la nature et le fantastique.

  • La belle mauve

    Gilabert T

    • Buchet chastel
    • 4 Mars 2010

    Un homme, professeur de lettres classiques, tombe follement amoureux d'une femme juste entrevue derrière la photocopieuse d'un lycée nantais. Une femme superbe, avec des jambes magnifiquement mises en valeur dans un fuseau noir Adidas. Le problème est qu'elle a disparu du lycée aussi vite qu'elle est apparue et que les indices sont minces pour la retrouver. L'histoire serait simple si ce professeur, pourtant épris de celle qu'il a nommée la Femme aux trois bandes - qui s'appelle en fait Carole -, ne menait en parallèle d'autres expériences amoureuses : avec une Japonaise, fausse femme de diplomate, et surtout avec un vrai chef-d'oeuvre du musée des beaux-arts de Nantes, La Belle Mauve de Martial Raysse, un des artistes du Nouveau Réalisme.
    Tomber amoureux de trois femmes en même temps, c'est forcément perturbant, surtout si l'une d'elle est une oeuvre d'art. Le narrateur finira pourtant par se consacrer à sa priorité, Carole.
    Parvenant à ses fins grâce à son ingéniosité et sa persévérance, il découvrira que l'on ne se défait pas aussi facilement du souvenir d'une oeuvre d'art accrochée aux cimaises d'un musée...
    Le deuxième roman de Teodoro Gilabert allie humour et fantaisie. Le lecteur retrouvera le héros des Pages roses, jeune professeur décalé à la recherche du grand amour, et le charme du pays nantais.

  • Le sang d'un poète

    Jean Cocteau

    • Rocher
    • 18 Septembre 2003

    " Le monde se révèle à nous surtout par le regard.
    Les autres sens ont beau nous solliciter, c'est par les yeux que nous existons à part entière. Cette vérité d'expérience se vérifie une fois de plus quand nous voyons les images du Sang d'un poète : elles possèdent une véritable force magique. Qu'il s'agisse d'un simple miroir, d'un couloir d'hôtel, d'une boule de neige ou d'un écolier en pèlerine, nous en faisons la découverte au sens propre du terme : nous ne les avions jamais vus sous cet aspect, nous croyons les voir pour la première fois, et cela avec stupeur, avec émerveillement.
    On parle de l'oeil du cyclone, et aussi de l'oeil-de-boeuf, de l'oeil-de-serpent, pierre précieuse agréable à regarder. N'oublions pas l'oeil-de-Cocteau, prunelle sombre qui contemple des objets disparus. Le titre même du film qu'il nous propose, Le Sang d'un poète, suffit à nous alerter, à nous faire comprendre ce qu'il veut nous apprendre, il ne sépare pas ce film de son oeuvre poétique : "La machine à images ne m'a été qu'un moyen de dire certaines choses dans la langue visuelle, au lieu de le dire par l'entremise de l'encre et du papier.
    " (Marcel Schneider)

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