Folio

  • Le baron perché

    Italo Calvino

    «Si l'on veut bien regarder la terre, il faut se tenir à la bonne distance.» En 1767, à la suite d'une dispute avec ses parents au sujet d'un plat d'escargots qu'il refuse de manger, le jeune Cosimo Piovasco di Rondò grimpe au chêne du jardin familial et n'en redescendra plus. Sautant de branche en branche et d'arbre en arbre, il s'élance à la découverte du monde : il étudie la philosophie, se passionne pour la politique, rencontre des bandits, connaît les joies et les peines d'amour. Et cela sans jamais reposer un pied sur terre, ni revenir sur sa résolution.
    Sous les apparences d'un conte philosophique, Italo Calvino rend hommage au siècle des Lumières dans un texte débordant d'humour, d'imagination et d'originalité. Le baron perché est le plus connu des trois volets qui composent le cycle Nos ancêtres - comprenant aussi Le vicomte pourfendu et Le chevalier inexistant.

  • L'Appel de la forêt (paru en 1903) est un roman de formation. Ou plutôt de dé-formation, de dé-civilisation : il raconte un retour aux origines primitives, la régression à un état enfoui dans la mémoire ancestrale de l'espèce, le réveil des instincts sauvages anesthésiés par la domestication.
    London défend l'idée d'une intelligence animale, qui se manifeste sous forme de sensations, d'émotions et d'une raison rudimentaire, une faculté de raisonnement simple. C'est la thèse qu'il soutient et met en scène dans son roman. Il développe en particulier la question de l'apprentissage et de la mémoire : la mémoire individuelle du chien, qui tire les leçons de ses expériences successives, et la mémoire de l'espèce, qui exerce sur les comportements de Buck une emprise de plus en plus puissante. L'animal apprend de ses expériences, notamment de la souffrance qu'il endure et de l'amour qu'il porte à son maître (dont il vengera la mort). Il a ainsi une forme de conscience. Ce chien sent, aime, comprend, souffre : il est notre frère. London donne à son héros chien-loup la dignité d'un membre de la famille qui serait «différent». Buck est incontestablement un personnage auquel tout lecteur peut s'identifier - et ainsi presque une personne.

  • Croc-Blanc

    Jack London

    Dans les bars de Dawson City, Jack London écoute les histoires de bêtes sauvages rencontrées dans les forêts du Grand Nord, que racontent les chercheurs d'or. Il lit Darwin, se passionne pour la théorie de l'évolution. Se nourrissant à toutes les sources, travaillant avec une énergie indomptable, il écrit en 1906 ce conte cruel. Roman de formation, Croc-Blanc fait entrer le lecteur dans la conscience d'un loup : nous partageons ses émotions, nous vivons ses aventures de liberté et de servitude, de souffrance, de combat, d'amour filial. En donnant à l'animal la merveilleuse consistance d'un personnage à la fois étrange et familier, London se fait précurseur : il montre le caractère relatif de la frontière entre les espèces, et installe l'hypothèse d'une intelligence animale. De la révélation du monde extérieur jusqu'au final inattendu, il fait partout l'éloge de l'élan vital qui régit l'existence de toute créature vivante.

    Traduit de l'anglais (États-Unis), postfacé et annoté par Marc Amfreville et Antoine Cazé. Chronologie et bibliographie de Philippe Jaworski.

  • «Quand on aime les poulets, on aime tout d'eux. La gentillesse qu'on leur donne, ils nous la rendent en sortant du four.»Citadine et végétarienne, Paule doit retourner à la ferme familiale qu'elle avait quittée des années plus tôt. Contrainte de reprendre l'élevage de poulets, elle voit grandir son attachement pour les volailles et imagine alors un projet d'exploitation hors normes...

  • La ferme africaine

    Karen Blixen

    « Quand le souffle passait en sifflant au-dessus de ma tête, c'était le vent dans les grands arbres de la forêt, et non la pluie. Quand il rasait le sol, c'était le vent dans les buissons et les hautes herbes, mais ce n'était pas la pluie. Quand il bruissait et chuintait à hauteur d'homme, c'était le vent dans les champs de maïs. Il possédait si bien les sonorités de la pluie que l'on se faisait abuser sans cesse, cependant, on l'écoutait avec un plaisir certain, comme si un spectacle tant attendu apparaissait enfin sur la scène. Et ce n'était toujours pas la pluie.
    Mais lorsque la terre répondait à l'unisson d'un rugissement profond, luxuriant et croissant, lorsque le monde entier chantait autour de moi dans toutes les directions, au-dessus et au-dessous de moi, alors c'était bien la pluie. C'était comme de retrouver la mer après en avoir été longtemps privé, comme l'étreinte d'un amant. » (trad. Alain Gnaedig.)

  • Trois États de la côte ouest des États-Unis - la Californie, l'Oregon et l'État de Washington - décident de faire sécession et de construire, dans un isolement total, une société écologique radicale, baptisée Écotopia. Vingt ans après, l'heure est à la reprise des liaisons diplomatiques entre les deux pays. Pour la première fois, Écotopia ouvre ses frontières à un journaliste américain, William Weston.
    Au fil des articles envoyés au Times-Post, il décrit tous les aspects de la société écotopienne : les femmes au pouvoir, l'autogestion, la décentralisation, les vingt heures de travail hebdomadaire et le recyclage systématique. D'abord sceptique, voire cynique, William Weston vit une profonde transformation intérieure. Son histoire d'amour intense avec une Écotopienne va le placer devant un dilemme crucial : choisir entre deux mondes.

    Récit utopique publié en 1975, traduit depuis dans le monde entier, Écotopia offre une voie concrète et désirable pour demain, et ce faisant agit comme un antidote au désastre en cours.

  • Chien blanc

    Romain Gary

    C'était un chien gris avec une verrue comme un grain de beauté sur le côté droit du museau et du poil roussi autour de la truffe qui le faisait ressembler au fumeur invétéré sur l'enseigne du chien-qui-fume, au bar-tabac à nice, non loin du lycée de mon enfance.
    Il m'observait, la tête légèrement penchée de côté, d'un regard intense et fixe, ce regard des chiens de fourrière qui vous guettent au passage avec un espoir angoissé et insupportable. il entra dans mon existence le 17 février 1968 à beverly hills, où je venais de rejoindre ma femme jean seberg, pendant le tournage d'un film.

  • Le roi des Aulnes

    Michel Tournier

    « 3 janvier 1938. Tu es un ogre, me disait parfois Rachel. Un Ogre ? C'est-à-dire un monstre féerique, émergeant de la nuit des temps ? Je crois, oui, à ma nature féerique, je veux dire à cette connivence secrète qui mêle en profondeur mon aventure personnelle au cours des choses, et lui permet de l'incliner dans son sens. [...] Je relis ces lignes. Je m'appelle Abel Tiffauges, je tiens un garage place de la Porte-des-Ternes, et je ne suis pas fou. Et pourtant ce que je viens d'écrire doit être envisagé avec un sérieux total. Alors ? Alors l'avenir aura pour fonction essentielle de démontrer - ou plus exactement d'illustrer - le sérieux des lignes qui précèdent. »

  • Seul l'Occident moderne s'est attaché à classer les êtres selon qu'ils relèvent des lois de la matière ou des aléas des conventions. L'anthropologie n'a pas encore pris la mesure de ce constat : dans la définition même de son objet - la diversité culturelle sur fond d'universalité naturelle -, elle perpétue une opposition dont les peuples qu'elle étudie ont fait l'économie.
    Peut-on penser le monde sans distinguer la culture de la nature ? Philippe Descola propose ici une approche nouvelle des manières de répartir continuités et discontinuités entre l'homme et son environnement. Son enquête met en évidence quatre façons d'identifier les « existants » et de les regrouper à partir de traits communs qui se répondent d'un continent à l'autre : le totémisme, qui souligne la continuité matérielle et morale entre humains et non-humains , l'analogisme, qui postule entre les éléments du monde un réseau de discontinuités structuré par des relations de correspondances ; l'animisme, qui prête aux non-humains l'intériorité des humains, mais les en différencie par le corps ; le naturalisme qui nous rattache au contraire aux non-humains par les continuités matérielles et nous en sépare par l'aptitude culturelle.
    La cosmologie moderne est devenue une formule parmi d'autres. Car chaque mode d'identification autorise des configurations singulières qui redistribuent les existants dans des collectifs aux frontières bien différentes de celles que les sciences humaines nous ont rendues familières.
    C'est à une recomposition radicale de ces sciences et à un réaménagement de leur domaine que ce livre invite, afin d'y inclure bien plus que l'homme, tous ces « corps associés » trop longtemps relégués dans une fonction d'entourage.

  • Que fait-on quand on regarde une peinture ? À quoi pense-t-on ? Qu'imagine-t-on ? Comment dire, comment se dire à soi-même ce que l'on voit ou devine ? Et comment l'historien d'art peut-il interpréter sérieusement ce qu'il voit un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout ?
    En six courtes fictions narratives qui se présentent comme autant d'enquêtes sur des évidences du visible, de Velázquez à Titien, de Bruegel à Tintoret, Daniel Arasse propose des aventures du regard. Un seul point commun entre les tableaux envisagés : la peinture y révèle sa puissance en nous éblouissant, en démontrant que nous ne voyons rien de ce qu'elle nous montre. On n'y voit rien ! Mais ce rien, ce n'est pas rien.
    Écrit par un des historiens d'art les plus brillants d'aujourd'hui, ce livre adopte un ton vif, libre et drôle pour aborder le savoir sans fin que la peinture nous délivre à travers les siècles.

  • Les métamorphoses

    Ovide

    Légende dorée, légende des siècles, bible ou génie du paganisme, voici une oeuvre qui, en douze mille vers, conte deux cent trente et une histoires de métamorphoses ; elles remontent, pour beaucoup, à l'origine du monde. Ovide, dans ces poèmes épiques et didactiques, nous a donné, des origines à Jules César, un des grands textes sur la genèse de l'humanité.
    La variété des styles, de l'horreur et du fantastique à l'élégie amoureuse, enchante le lecteur autant que Les Mille et Une Nuits. La grandeur de la Rome impériale, de l'Empire d'Occident s'y reflète. Les Métamorphoses sont l'une des sources principales de la littérature et des arts occidentaux. Comme les fontaines de Rome d'où l'eau ne cesse de jaillir, Les Métamorphoses sont à la fois un monument, et une source de la culture européenne.

  • «J'ai ouvert l'oeil et boum, tout m'est apparu. C'était limpide. Nous étions presque tous accompagnés par nos moitiés. Et ma moitié à moi, à quel point elle n'était pas autonome, ça faisait peur. Une chochotte.» Une femme écrit au fond d'une forêt. Son corps et le monde partent en morceaux. Avant, elle était psychologue. Elle se souvient qu'elle rendait visite à une femme qui lui ressemblait trait pour trait, et qu'elle tentait de soigner un homme.

    Cette dystopie, qui se situe dans la postérité du Meilleur des mondes ou de 1984, nous raconte une histoire de trafic d'organes, de gérontocratie, de totalitarisme sanitaire et politique. Marie Darrieussecq, avec ce personnage très légèrement en retard sur les événements, et à ce titre bouleversant, renoue avec la veine de Truismes.

  • Le Ventre de Paris, ce sont les Halles, avec leur « souffle colossal épais encore de l'indigestion de la veille », leurs montagnes de mangeailles, de viandes saignantes, « de choses fondantes, de choses grasses », de « gradins de légumes » d'où montent « le râle de tous les potagers de la banlieue ». « L'idée générale, écrit Zola, est le ventre, la bourgeoisie digérant, ruminant, la bête broyant le foin au râtelier, la bedaine pleine et heureuse se ballonnant au soleil. » Aux « Gras » s'opposent les « Maigres » : Florent, un proscrit du 2 Décembre revenu à Paris qui fomente un complot contre le régime et sera dénoncé par Lisa, sa belle-soeur, une charcutière « au grand calme repu ». Florent retourne en prison et c'est à son ami Claude Lantier, le futur héros de L'oeuvre, que revient le mot de la fin : « Quels gredins que les honnêtes gens ! »

  • Le Sous-Préfet aux champs, Le Curé de Cucugnan, La Chèvre de M. Seguin : comme La Fontaine, Grimm ou Perrault, Daudet possédait le don suprême du conteur qui est de plaire à tous et de ne vieillir jamais. Les Lettres de mon moulin sont partie intégrante de notre folklore national au même titre que la Trilogie de Pagnol ou les Contes de ma mère l'Oye avec, en prime et en ligne d'horizon, la Provence des pins, des cigales, des lavandes, des moutons qui reviennent à l'automne « brouter bourgeoisement les petites collines grises que parfume le romarin » en gardant dans leur laine, « avec un parfum d'Alpe sauvage, un peu de cet air vif des montagnes qui grise et fait danser ».

  • " j'éprouvais cependant une angoisse et une grande crainte en me demandant comment avec des pattes si énormes et si longues, je pourrais monter une faible dame, comment ce corps si clair, si tendre, tout pétri de lait et de miel, je pourrais l'enserrer entre mes rudes sabots, ces lèvres mignonnes, toutes empourprées d'une rosée céleste, en approcher ma large et hideuse bouche, avec ses dents laides et dures comme pierre, et leur donner des baisers, enfin, comment une femme, bien qu'elle ne fût que désir, jusqu'au bout de ses jolis ongles, pourrait recevoir en elle un membre aussi formidable ! "

  • Doggerland

    Elisabeth Filhol

    Il y a huit mille ans, une grande île s'étendait au milieu de la mer du Nord, le Doggerland. Margaret, géologue, a fait de ce territoire mystérieux son objet d'étude. Marc aurait pu la suivre sur cette voie, mais c'est le pétrole qu'il a choisi. Il a brutalement quitté le département de géologie de St Andrews, et Margaret, pour une vie d'aventure comme ingénieur sur les plateformes offshore du Nord. Calant son rythme de vie sur le cours du baril, qui enchaîne les envolées et les effondrements. Vingt ans plus tard, Marc et Margaret sont invités à un congrès au Danemark. Ils pourraient choisir de se revoir. Mais la veille, la tempête Xaver s'abat sur l'Europe du Nord. On suit avec fascination sa montée en puissance. En même temps qu'elle réveille les fantômes du Doggerland, elle ranime les souvenirs, ravive les choix des uns et des autres, et questionne les conditions extrêmes de développement des plates-formes pétrolifères au péril de l'environnement. On dit que l'histoire ne se répète pas. Mais les géologues le savent : sur des temps très longs, des forces agissent à distance, capables de réveiller d'anciens volcans, de rouvrir de vieilles failles, ou de les refermer.

  • « Georg s'agenouilla aussitôt à côté de son père ; il vit son visage fatigué et dans le coin des yeux, deux immenses pupilles dirigées sur lui. » Fils condamné à la noyade, exécutions atroces opérées de sang-froid... Écrits durant la même décennie que la Lettre au père et Le Procès , ces récits sont traversés, tout aussi implacablement, par deux des grands thèmes kafkaïens : l'ombre du père et le châtiment arbitraire.

  • Patrimoine

    Philip Roth

    Ce récit, écrit à la première personne, raconte la lente maladie du père de l'auteur âgé de quatre-vingt-six ans, sa lutte obstinée pour vaincre la tumeur au cerveau qui finira par l'emporter. Dans ce combat contre le drame de la vieillesse, le fils guide et assiste le père jusqu'à s'identifier à lui.Patrimoine est une histoire vraie (comme le précise le sous-titre) dont Herman, le père, plus encore que le fils, est le barde. Une histoire cruelle et émouvante, que l'intégrité d'Herman, son refus de l'héroïque et de l'édifiant préservent pourtant de la complaisance et du sentimentalisme. Un récit qui proclame l'infinie complexité et la permanence de la vie, la nécessité de se souvenir, de ne rien oublier, car 'être vivant, c'est être fait de mémoire. Si un homme n'est pas fait de mémoire, il n'est fait de rien'. Une élégie d'horreur et de compassion, mais aussi d'amour.

  • «On ne fait pas de bonne diplomatie sans bons déjeuners », disait Talleyrand.

    De François Ier à la COP 21, la France a reçu à sa table les grands du monde entier : Henri VIII, les Médicis, Churchill, Khrouchtchev, les Kennedy, Adenauer, le Shah d'Iran, Arafat ou encore la reine Elizabeth II. Des historiens de renom racontent, comme si on y était, chacun de ces repas diplomatiques qui ont marqué l'Histoire. Parallèlement, Thierry Marx, Yves Camdeborde, Ghislaine Arabian, Alain Passard et d'autres grands chefs d'aujourd'hui ont commenté les menus de ces banquets et réinventé les recettes des plats servis à l'époque.

    Un livre qui raconte sous un nouveau jour la passionnante histoire des relations de la France avec le monde tout en célébrant l'art de la gastronomie française.

  • Pline l'Ancien (mort en 79 lors de l'éruption du Vésuve) est un des plus extraordinaires tempéraments d'érudit qui ait existé. Son Histoire naturelle, qui le révèle tout entier, est une encyclopédie des connaissances positives de son temps, fondée sur le dépouillement de quelque deux mille volumes d'auteurs grecs et latins. Tout s'y trouve : cosmographie et géographie, anthropologie, biologie animale et végétale, pharmacologie, histoire des arts, - en un mélange étonnant d'informations sérieuses, de recettes magiques et d'anecdotes invérifiables...
    L'Histoire naturelle est un des ouvrages les plus lus de l'Antiquité tardive et du Moyen Âge ; la Renaissance y a vu le livre par excellence des merveilles de la nature. Depuis le milieu du XIXe siècle, quand Littré entreprend de la traduire, son auteur nous apparaît comme un témoin des curiosités et des croyances de son temps et comme un merveilleux conteur.

    Édition d'Hubert Zehnacker.

  • La billebaude

    Henri Vincenot

    Pour mieux nous parler du pays qu'il aime et où il est né, henri vincenot se penche sur son enfance, quand il vivait chez ses grands-parents, dans un petit village de bourgogne.
    Impossible d'échapper à la magie de ce conteur merveilleux, et nous le suivons allégrement dans ses fabuleuses parties de chasse, où il sait si bien recréer le climat de fête. mais tout ici devient une fête, qu'il s'agisse de la visite d'une cousine extraordinaire, nourrice à paris, ou de ces interminables repas de fin d'année, au cours desquels le petit garçon écoute, fasciné, les histoires savoureuses qui se racontent et qui lui serviront plus tard de tremplin pour ses récits.

  • je vis une belle figure, noble et calme.
    malgré son âge de soixante-dix-huit ans, on ne lui en donnerait que soixante ; et ce qu'il y a de plus singulier, c'est que venant de passer seize nuits sans fermer l'oeil, et dans des souffrances inouïes, il était frais comme un enfant, et tranquille comme en santé. on m'assura que tel était son caractère. jamais d'humeur, jamais d'impatience. il était frisé lorsque je le vis, quoiqu'il fût malade ; c'est là une de ses manies, et il en convient.
    il se fait mettre tous les jours des papillotes, qu'on lui passe au fer plutôt deux fois qu'une ; du moins, autrefois, après s'être fait friser la matin, il lui arrivait très souvent de se faire encore friser pour souper. on le coiffe à cinq petites boucles flottantes. il avait une robe de chambre jaune, parsemée de raies blanches et de fleurs bleues. (hérault de séchelles, voyage à montbard.)

  • Quand le terrain fut libre, je me mis sur un genou, vis le koudou à travers l'ouverture, m'émerveillant de sa taille, et puis me rappelant que cela ne devait pas avoir d'importance, que c'était la même chose que n'importe quel coup de feu, je vis la perle centrée exactement où elle devait être, juste au-dessous de l'épaule, et je pressai sur la détente.
    Au bruit, il bondit et entra dans le fourré, mais je savais que je l'avais touché. je tirai sur du gris qui se montrait entre les arbres, tandis qu' il entrait dans le bois et que m'cola criait "piga ! piga ! " pour dire : " il est touché ! il est touché ! "

  • L'astrée

    Honore D Urfe

    " délectables rivières ", " fertilité du rivage ", " air si tempéré que la terre y est capable de tout ce peut désirer le laboureur ", tel est au vè siècle de notre ère le forez qui abrite les amours d'astrée et de céladon.
    Mais l'astrée n'est pas seulement un traité d'éducation sentimentale et une somme de casuistique amoureuse. c'est aussi un roman des origines nationales : les bergers du lignon sont des français à l'état pur, des gaulois qui ont résisté à l'invasion des " usurpateurs " romains et de leurs faux dieux, préservé les coutumes et les libertés de l'ancienne france. au moment où se développe le mythe celtique et où henri iv entreprend de refaire l'unité nationale, l'astrée apparaît, par rapport à l'italie et à rome, comme une tentative de décolonisation culturelle.

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