Editions Du Patrimoine

  • Claude Nicolas Ledoux (1736-1806), créateur inspiré du siècle des Lumières, est sans conteste l'un des plus grands noms de l'histoire de l'architecture. Architecte du roi, visionnaire utopiste, mais également théoricien, il développe une oeuvre difficile à classer. C'est Louis XV qui le nomme, en 1771, « commissaire aux salines de Lorraine et de Franche-Comté ». Concrètement, il s'agit de la commande de l'usine monumentale d'Arc-et-Senans, destinée à la production de sel, qui doit répondre à trois exigences : utiliser au mieux un emplacement à proximité d'une source d'énergie considérable (la forêt de Salins), concevoir des bâtiments qui répondent à des normes d'exploitation rationnelles, créer une architecture qui concilie habitat ouvrier et exigences d'une entreprise royale.

    Dès lors, au-delà de la stricte commande passée, Ledoux va concevoir ex-nihilo une ville idéale. Seuls les bâtiments industriels et la maison du directeur seront construits. Aujourd'hui encore, ils témoignent de la profonde originalité et du talent exceptionnel déployé par l'architecte.

    Cette monographie replace la saline royale au sein de l'oeuvre de Ledoux, comme les barrières de Paris (dont celles d'Enfer, du Trône, de la Villette et de Monceau existent toujours), le pavillon de Louveciennes construit pour sa protectrice, Madame du Barry, le théâtre de Besançon ou le château de Bénouville.

  • La question animale mobilise la réflexion contemporaine.
    Elle occupe également la scène artistique. Des panneaux publicitaires aux cimaises des galeries, on assiste à une singulière animalomanie. Quelle place et quels rôles la figure animale a-t-elle dans l'imaginaire et la pratique des artistes d'aujourd'hui ? C'est à ces questions que tente de répondre ce livre qui accompagne un ensemble de manifestations qui se sont tenues, le temps d'une saison, dans les monuments nationaux et à la Conciergerie.
    On peut trouver paradoxal de célébrer l'animal dans les monuments historiques. Ne s'agit-il pas de lieux de mémoire, de lieux d'habitation, de défense ou de prière pour les hommes, en tout cas de hauts lieux culturels ? A priori les bêtes n'y ont guère leur place. Et pourtant, ces prestigieux édifices ont aussi été façonnés pour l'animal, ils sont marqués par sa présence, qu'elle soit de nature utilitaire, affective ou plus fréquemment clandestine.

    Nos monuments sont un véritable "territoire" pour les bêtes ;
    Elles le leur rendent bien, en contribuant à humaniser des lieux que le poids de l'histoire pourrait rendre écrasants. Au fil des pages, le lecteur découvrira les oeuvres de plus d'une soixantaine d'artistes contemporains révélées à travers un reportage photographique inédit.

  • Pour sa traditionnelle exposition annuelle sous les voûtes de la Conciergerie, le CMN invite le collectionneur François Pinault à présenter une sélection d'oeuvres, pour la plupart inédites à Paris. Le thème retenu est celui de l'enfermement, avec le parti pris d'aborder deux styles de réclusion : celui, réel, de la prison et celui, mental, de la folie. Trente artistes ont été choisis parmi lesquels de grands noms comme Bill Viola, Michelangelo Pistoletto ou Damien Hirst, mais aussi de jeunes artistes comme Sun Yuan & Peng Yu, Ahmed Alsoudani ou Mona Hatoum.
    Dans la publication qui accompagne cet événement, deux personnalités littéraires interviennent : la romancière Marie Darrieussecq et Thierry Grillet. Lisons le paradoxe stimulant développé par ce dernier, évoquant l'enfermement physique créateur d'un Marcel Proust, ou celui psychique d'un Thomas Bernhard : "Avant d'être un animal politique, l'homme est, pour Leroi-Gourhan, un animal territorial. Délimiter, marquer, s'approprier.
    Pour être heureux, l'homme a besoin de portes. Qu'il puisse fermer à double tour. C'est que le seuil est sacré. La limite, consacrée. Avec les portes, il y a un dedans, il y a un dehors. Pour l'anthropologue, l'enfermement n'est pas l'enfer. Au contraire. S'enfermer, c'est d'abord se protéger".

empty